mardi 1 février 2011

L’école des pessimistes




En gros, il y a deux sortes d’ «intellectuels » et de «cadres » africains qui nous arrivent d’Occident. Il y a d’abord ceux qui reviennent en Afrique pour y travailler.
Ceux-là, pas très nombreux d’ailleurs, sont contents d’être de retour au pays. Ils faisaient même preuve d’une certaine impatience lorsqu’ils bûchaient encore leurs antisèches dans les « grandes écoles occidentales ».
Ces candidats-là, quand ils reviennent au mboa, connaissent l’état de précarité de leurs pays d’origine. Ils savent qu’ils ont un rôle plus ou moins important à jouer pour le développement du continent… ce ne sont pas toujours des donneurs de leçon… des rêveurs… ils oublient les facilités professionnelles des sociétés et des villes occidentales. Comme de petits ouvriers agricoles… chinois, ils retroussent les manches et se mettent résolument au travail.
Bien sûr, le tableau n’est pas parfait… idyllique. Dans leurs rangs, comme pour ceux qui sont restés au pays, il persiste aussi des éléments qui, amenés aux affaires, ont la main lourde sur les caisses de l’état, les pauvres petites richesses du pays. Mais, un fait positif demeure : malgré l’éventail de leurs tares, ils sont à pied d’œuvre, ils travaillent tant bien que mal au développement de leur continent…

Et les autres alors !?

Et puis… et puis il y a la deuxième catégorie. De curieux oiseaux, ceux-là… ! Victimes de discriminations en Occident, ils reviennent au bled, malgré eux, parce que les machines économiques de ces nations dites développées n’ont pas pu les intégrer !
Ils s’en reviennent aussi pour autant de raisons sournoises d’incompatibilité d’humeur et de… couleur dans des lieux de service enneigés… Bon ! Ce ne sont pas les principales raisons qui légitimeraient leur retour, mais elles méritent quand même d’être évoquées…
Attendez, ne soyez pas impatient ! C’est pas fini ! La liste est encore longue ! Certains reviennent aussi au quartier, parce qu’ils en ont marre de se taper les petits boulots minables dont ne veulent pas les Occidentaux dans leurs cités modernes ! …
D’autres, de manière plus basique, un peu comme pour les éléphants qui se cachent pour mourir, reviennent au village (s’ils sont encore en vie) pour y mourir et s’y faire enterrer simplement ! Comme quoi, la vie à l’étranger ça à du bon !  L’ensevelissement de sa dépouille mortelle au village, ça a encore plus de croquant ! C’est le must de l’accomplissement d’une vie d’errance ! Quand même ! On ne va pas se laisser bouffer par des asticots inconnus, alors que ceux du village vous attendent impatiemment !

Et comment est-ce qu’ils reviennent alors !?

Alors, ils rentrent finalement au bercail en affichant mission terminée sur leurs factices mallettes diplomatiques.  Ils reviennent au quatt,  mais ils reviennent nantis d’une mauvaise humeur à débiter à la tronçonneuse ! Nos fringants pigeons-voyageurs, trouvent qu’il fait toujours trop chaud au pays… que les villes comme les villages sont dans un état de délabrement lamentable… que leurs frères Noirs sont trop… noirs… !!! Qu’il règne une misère épouvantable autour d’eux… qu’aucun régime n’est véritablement démocratique… !
Ce qui est énervant dans leur discours, c’est pas qu’il ait tout faux par rapport à ce qu’ils affirment, mais plutôt qu’on ait l’impression qu’ils enfoncent une porte ouverte ! Mais enfin ! Tout le monde sait qu’il fait trop chaud en Afrique, qu’il n’y a pratiquement pas encore de régime véritablement démocratique ! Qu’on y crève de faim en chœur ! C’est pas difficile à savoir, ça… !!! Attrapez le moindre benskinneur dans la rue, il vous livrera la même chose !

Ce qu’ils semblent oublier…

Ce qu’ils semblent oublier, c’est qu’avant qu’ils ne s’expatrient, la situation était déjà celle-là qu’ils vilipendent… !
Ils vous crachent ça et sans transition vous font voyager sans décoller : ils se mettent  à vous entretenir des avantages sociaux en vigueur dans les pays développés ; le métro, Les grands boulevards, la Sécu, les pâtes alimentaires, les fromages, les pompes, les chocolats, les yaourts, les débats politiques etc., et en gémissant, ils se demandent ce qu’ils sont revenus glander dans cet enfer africain… 
Et voilà ce que le voyage de l’Occident a faits d’eux : de sacrés prolétaires reconvertis en salariés civilisés évoluant en milieu tropical éminemment hostile ! Ce qui est raisonnablement dangereux pour leur santé mental ! Que va-t-on pouvoir faire d’eux pour leur éviter la panne de courant… pardon, le pétage de câble, ce qui n’est pas la même chose ?
Un moment, j’ai pensé qu’il fallait leur offrir des billets d’avion retour pour l’Occident chrétien. Mais voilà, c’est pas forcément malin… ce n’est pas forcément la meilleure idée… Sarkozy et les autres, même Barack Obama n’ont pas plus besoin d’eux là-bas… chacun de ces hommes politiques, campe et protège son espace vital de l’envahissement des peuples barbares (j’exagère juste un peu)… et puis, ces dirigeants de nations dites développées, seraient capables de nous les renvoyer en charters ininterrompus… ça ferait désordre sur des pistes d’aéroports à  trafic réduit… !!!

©Essombe Mouangue 2011
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dimanche 30 janvier 2011

Politique fiction : Une nouvelle vision de la démocratie s’installe en Afrique !


Il existe une nouvelle forme de  démocratie qui s’installe en Afrique. Peut-être aurait-il d’ailleurs fallu commencer par celle-ci et quelques autres, avant d’en arriver à des comportements politiques rôdés ailleurs qu’au sein du continent berceau de l’humanité : le système des auto-proclamations à la présidence !
 Des exemples de cette nouvelle tournure des démocraties made in Africa : Gbagbo et Ouattara, présidents autoproclamés de la république ivoirienne ! Et plus près de nos frontières camerounaises,  Ali Ben Bongo et André Mba Obame, présidents autoproclamés de la république gabonaise ! Au rythme où va la contagion, on ne serait d’ailleurs pas étonné de voir aussi dans un pays comme le Cameroun, Paul Biya et Ni John Fru Ndi en arriver à la même déclamation, surtout qu’on en est à une année électorale ! Et pourquoi pas la même tendance aussi en république Centrafricaine où Patassé et Bozizé sont en pleine campagne présidentielle et législative! Comme quoi, lorsqu’il y a un virus qui traîne dans l’air d’un espace géographique,  il serait injuste qu’il ne soit pas proportionnellement partagé par des individus bouffant le même oxygène, les mêmes tubercules de manioc, sous prétexte qu’il y aurait des frontières factices, la plupart nées de la période coloniale, qui les sépareraient !

 Bon ! Maintenant que la mode des auto-proclamations s’est installée, on doit pouvoir passer à autre chose. Mais quand même, en y revenant un peu, ce qui m’étonne, c’est qu’on n’est pas pensé plus tôt à la systématisation de ce penchant. Mais enfin, ça fait des années que les électeurs africains sont grugés dans leur vote ! Ça fait des années qu’au sortir des élections, on leur présente des urnes bourrées à ras bord de toutes les aberrations possibles ! Ça fait des années, qu’en réaction à cet état de fait, tous les candidats à une quelconque république africaine, bananière, ou pas, auraient pu s’autoproclamer vainqueur ! Mais, voilà, ils ne l’ont pas fait ! Pourquoi !?... peut-être par couardise pour certains, peut-être par sens civique exacerbé, pour d’autres !? Nous ne le saurons peut-être jamais avec certitude. Toujours est-il qu’il a fallu que s’installe le dualisme entre la cour constitutionnelle, toujours fédérée au président sortant et la CNI, plus encline à faire parler la vérité des urnes que le tam-tam officiel, pour qu’on en arrive à l’auto-proclamation de Ouattara en Côte-d’Ivoire ! Il a fallu qu’on fasse parler le silence des urnes, plutôt que la version officielle rabâchée par l’organe en charge des élections, pour qu’on en arrive à cette auto-proclamation d’André Mba Obame au Gabon ! De manière générale, il a aussi fallu que les opposants se rendent compte que confrontés qu’ils sont à des systèmes électoraux truffés d’inégalités et de non-dits, les présidents sortants où leurs poulains n’avaient pas le monopole des auto-proclamations ! Mais enfin ! Ils ne sont pas plus légitimes que les autres, à la fin !
Et puis, en poussant la réflexion plus loin, au risque de provoquer l’équivalent d’un cataclysme naturel, pourquoi vouloir un seul président alors qu’on peut s’en offrir dans un pays, dans nos républiques bananières, de manière objective, deux, trois, ou quatre ! On aurait par exemple dans un pays comme le Cameroun, le président des Bamiléké, le président des béti, le président des Nordistes, le président des minorités ethniques etc., (parce qu’il y a toujours des minorités ethniques dans tous les pays africains, même si c’est des pygmées !) ;
 Au Gabon, on pourrait par exemple tirer des cartes, sans le concours de Mme Soleil, ou d’un quelconque Nganga, le président des Fang, le président des Punus, le président des Batékés, le président des Miènè, le président des minorités ethniques, etc., (je ne serais d’ailleurs pas étonné de voir que les pygmées qui s’obstinent à rester dans leur brousse, émargent dans ce groupe) ;
En Centrafrique, on pourrait aussi sans trop faire travailler ces méninges, sortir du chapeau, le président des Gbayas-Mandjas, le président des Bandas, celui des Zandé et enfin, celui des minorités ethniques etc., (en sachant qu’on y casera toujours et encore une fois, les pygmées qui sont finalement partout dans ces pays, mais avancent évidemment en rang dispersé, plutôt qu’en file indienne !)
On serait alors certain de voir enfin, les intérêts de chaque groupe ethnique, défendus dans les normes par leur champion désigné et élu (on n’est jamais mieux défendu que par soi). Car, finalement le problème de développement des pays africains, n’est pas tant de voir arriver plusieurs présidents à la tête d’un seul pays, mais de veiller à ce que les intérêts de chaque groupe ethnique, soient défendus de manière équitable !  Et l’expérience des dernières années, des cinquante années d’indépendance octroyées par les nations colonisatrices, quel que soit le pays évoqué démontre qu’on est loin du compte. Alors, vive le foisonnement d’auto-proclamation à la présidence pour qu’on en arrive enfin, cinquante ans plus tard, à une véritable prise en compte des intérêts de chaque groupe ethnique, quel que soit l’espace national considéré ! 

mercredi 26 janvier 2011

Le déploiement des nouvelles royautés en Afrique




Chaque fois que je constate en Afrique que dans des états qui se sont dotés de régimes présidentialistes plutôt que de  systèmes de royauté passéiste, un fils succède à son père à la tête du pays, je conclus que dans ces pays-là, nous sommes en présence de réels cas d’absence de démocratie !
Comme quoi, il y a quelque chose de pourrie dans ces nouveaux royaumes ! Pardon !... dans ces soi-disant républiques !

©Essombe Mouangue 2011
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vendredi 21 janvier 2011

Comice Agro-pastoral d'Ebolowa


Essombe Mouangue, que pensez-vous du comice agro-pastoral d’Ebolowa ?
-          - Je déteste le folklore !

mercredi 19 janvier 2011

Mémo



Chaque fois qu’en Afrique un dictateur tombe
On se met à rêver au départ des autres.

Tant de pays en Afrique sont dans la même situation de précarité, de chômage, de corruption d’injustice que la Tunisie, qu’on voudrait les voir suivre le même chemin qui mène à la fin de la dictature ou … au début d’une autre…

Le départ d’une vieille dictature augure toujours de l’arrivée d’une autre moins dure que la précédente…
Une dictature naissante sera toujours préférable à une vieille dictature qui a déjà métastasé au sein de toutes les marches  de la société…

Quoiqu’une démocratie naissante, sera toujours préférable à une nouvelle dictature…

Ben Ali est parti. Vive Ben Ali et Bonjour à la prochaine dictature ou démocratie !
*

vendredi 29 octobre 2010

Les élections ivoiriennes



les seuls leaders qui aient de l'importance pour moi,
Tous continents confondus
C'est ceux qui ne prennent pas
Le peuple en otage
En restant indéfiniment au pouvoir

Les seuls leaders qui aient de l'importance pour moi
c'est ceux qui savent partir du pouvoir
Qu'ils aient des raisons ou non de s'y  maintenir

Gbagbo et les autres ne seront crédibles
Tout comme Fidel Castro et le Che
Que le jour où ils sauront partir du pouvoir.

mardi 5 octobre 2010

Ma nouvelle gloire menacée !


S’il y a quand même une chose que je trouve de scandaleux, c’est pas qu’on m’ait jeté en taule pour des broutilles ! Moi, le défenseur autoproclamé des Sauveteurs camerounais, J’ai toujours su que les politiques de mon pays ne m’apprécient pas beaucoup. Surtout depuis que j’en suis allé jusqu’à remettre en cause leur gloutonnerie de pouvoir, leur longévité ad aeternam à la tête du pays ! Mais, de là à me jeter en taule en s’appuyant sur des accusations grossières, de casses de biens privés dans de petites manifs de rues, je ne pensais qu’ils puissent franchir le pas ! Ben voilà ! Ils l’on franchit ! Maintenant, il faut que je fasse avec à New-Bell[1]!
Les premiers jours de captivité, j’ai eu du mal à accepter mon nouveau statut, surtout endurer l’effroyable promiscuité et la cohabitation avec les taulards, ces pires rebuts de notre société, déjà si malade ! Il y a là de quoi, croyez-moi,  vous carboniser un esprit brillant !
Et puis, fatigué de brasser de l’air, de rêver d’une hypothétique libération, qui surviendrait aussi rapidement que les conditions assez surréalistes  de mon incarcération, je me suis habitué à mon état. Je me suis fait une planque dans ma cellule, non ! Disons plutôt que j’ai fait de ma cellule une planque ! Et aussi brusquement, alors que je ne m’y attendais plus, moi, qui avais même été lâché par ma communauté artistique nationale ; cette engeance artistique nationale, dont nul n’ignore d’ailleurs l’énorme inculture et la pathologique couardise, la voie s’est ouverte à moi ! Une voie de salut s’est dessinée, non plus du côté de mon pays, comme vous pouvez le deviner, mais plutôt de l’extérieur de celui-ci : quelques membres toujours actifs de la communauté internationale, assez discrets lors des premières semaines de mon interpellation, se sont rappelés de la mise sous scellés de ma modeste dégaine d’artiste !
Ils se sont rendus compte, non seulement qu’elle existe, mais qu’elle mérite des honneurs ! Résultat de cette effervescence qui n’est pas pour déplaire à votre humble gratteur de guitare, la reconnaissance internationale de mon combat et de ma personne, s’est faite ! Elle s’est faite  accompagnée de prix, qui font baver de jalousie plus d’un qui croyait assister, à la fin de ma sempiternelle présence, au sein du hit-parade des artistes majeurs de mon bout de territoire de pays ! Laissez-moi vous confier, maintenant que je respire un peu mieux, qu’un grand ne sera jamais un petit ! Un grand restera toujours un grand, quelles que soient  les difficultés rencontrées au cours de son existence !
Voilà ! J’avais déjà connu la gloire dans un registre différent : celui d’artiste flamboyant, pérorant sur toutes les salles de spectacle du pays ; et même sur quelques scènes de festivals internationaux ou mon discours engagé, tranchait avec la pratique musicale, sans queue ni tête, ambiante. Il se trouve maintenant que la condition de taulard me donnait droit à une autre popularité : celle d’un homme, injustement accusée et persécuté par ses pairs ; un auteur-compositeur engagé, dont la communauté internationale réclamait maintenant à cor et à cri la libération ! De là à ce que je devienne pour le monde entier, une icône symbolisant l’effroyable menace qui pèse sur la liberté d’expression et de prise de position des artistes, quant à la marche politique de leur pays, il n’y a qu’un pas à franchir… que je franchis d’ailleurs sans sourciller !  
Dans mon nouveau costume d’artiste martyrisé, tout allait donc pour moi pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles, lorsque j’appris aussi brusquement que ma nouvelle gloire, durement acquise dans ma cohabitation devenue volontaire, avec les assassins, les braqueurs, les enfants de la rue et les violeurs,  était menacée : certaines personnes s’avisaient, se proposaient par le canal de la grâce présidentielle, de me sortir manu militari de prison, avant que je n’aie purgé la totalité de ma peine ! Comme quoi, il y a toujours des empêcheurs de tourner en rond qui se croient autoriser de se mêler de vos oignons, sans aller jamais jusqu’à vous demander, ce que vous pensez de leur démarche ! 
Oh ! N’allez surtout pas croire que je tienne à rester en prison ! N’allez surtout pas vous imaginer que votre dingaman se soit trouvé une nouvelle vocation de bagnard ! Non ! Croyez-moi ! Je ne demande pas à rester en cabane autant que Nelson Mandela ! Lui, il a eu de la chance ! Surtout que Robben Island, n’est pas New-Bell ! Comparativement, Robben Island c’est même plutôt un palace ! Un camp de vacances ! Mais voilà ! Moi, je ne demande qu’une seule chose : purger la totalité de ma peine ! Je voudrais pouvoir jouir de ma notoriété d’artiste martyrisée, appelé à être reçue dans tous les endroits les plus respectables du monde libre, après sa sortie de prison ! Surtout que je suis promis à une fructueuse carrière politique après ça ! Quand même ! Un homme comme moi, ne fait pas un séjour en taule sans escompter récupérer les fruits de son incarcération abusive ! Et pour que je puisse récupérer ces fameux fruits, il est préférable pour moi de consommer la totalité de ma peine, plutôt que de sortir de manière prématurée, et de surcroît, après avoir recouru à l’aimable clémence de la dernière personne à qui, l’artiste talentueux que je suis, devrait s’adresser pour obtenir une telle chose ! Ce serait foutre volontairement et niaisement en l’air, tout le bénéfice de mon incarcération avec les assassins, les braqueurs, les enfants de la rue et les violeurs et les prostituées de New-Bell !

musiquescamerounaises.blogspot.com

[1] Prison centrale de la ville de Douala